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DVD : Fonction publique. Retour à la case intilaka

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DVD : Fonction publique. Retour à la case intilaka

Message par mea le 25/09/09, 01:25 pm


Fonction publique. Retour à la case intilaka

Par Youssef Ziraoui

7,5% du personnel de l’administration a bénéficié de l’opération de départ volontaire.

Quatre ans après son lancement, l’opération Départ volontaire définitif (DVD), menée par le gouvernement Jettou, a permis de réduire les effectifs. Mais l’administration attend toujours une réforme de fond. Bilan.

La cinquantaine grisonnante, Abderrahman, ancien cadre de l’Administration des douanes, meuble son temps selon l’envie du moment : une partie de pêche, une toile à achever, un voyage... La deuxième vie de ce père de famille casablancais a commencé après son
départ volontaire à la retraite (DVD), 5 ans avant la date butoir. Un pactole de 600 000 dirhams en guise d’indemnité de départ -immédiatement investi dans le foncier- et une pension mensuelle de 10 000 dirhams, l’ont définitivement mis à l’abri du besoin.

Dégraissons le mammouth
Souvenez-vous, il y a quatre ans : un fonctionnaire sur 10 émettait le souhait de quitter le navire de la fonction publique, dans le cadre de l’opération Intilaka, initiée par le Mministère de la Modernisation des secteurs publics. La cellule de communication ad hoc du département dirigé à l’époque par Mohamed Boussaïd croule sous les appels de bureaucrates désirant s’informer sur le montant de leur prime de départ. Les quelque 9350 communications téléphoniques font chauffer le standard du ministère. En tout, plus de 400 000 fonctionnaires réalisent des simulations sur le site du ministère pour connaître le montant de leur indemnité de départ et de la pension auxquelles ils peuvent prétendre. “Parfois, les gens se connectaient au beau milieu de la nuit. Ils étaient tellement nombreux que le serveur du ministère était saturé”, se souvient ce proche collaborateur du ministre rniste.
Les objectifs affichés à l’époque sont qualitatifs et quantitatifs : une meilleure répartition sectorielle, géographique et hiérarchique des ressources humaines, une révision du système des promotions et des recrutements, et un rajeunissement du management. Mais il s’agit surtout de réduire la masse salariale, autrement dit, dégraisser le mammouth. Car la liposuccion urge : la masse salariale de la fonction publique représente alors près de 12% du PIB et 60% des recettes ordinaires du Trésor, “un niveau largement supérieur à des pays de même niveau de développement”, comme le martèlent alors les officiels.
Total, du 1er janvier au 30 juin 2005, près de 39 000 fonctionnaires (soit 7,5% du personnel de l’administration) tirent leur révérence, avec la bénédiction de leur département de tutelle, qui dispose de toute la latitude d’accepter ou de rejeter les demandes de DVD. Résultat financier de l’opération : 27 milliards de dirhams économisés par l’Etat, selon les estimations du ministère des Finances.
Fin 2005, le gouvernement rendait public son rapport sur les résultats et analyses de l’opération “départ volontaire”: “Le volume des départs est suffisamment important pour avoir un réel impact sur les finances publiques, mais ne générera pas de conséquences néfastes sur le fonctionnement de l’administration”. Un an plus tard, un rapport d’évaluation réalisé par un cabinet d’audit international, pour le compte du gouvernement Jettou, estime que les objectifs assignés à l’opération Intilaka ont été réalisés, et que les “refus particulièrement élevés dans les départements sociaux (éducation nationale, santé, justice), montrent que les responsables ont conduit cette opération avec prudence”. Soit…

Statu quo
Pourtant, en juillet 2007, lors d’un brief réalisé par Driss Jettou, le Premier ministre faisait son mea culpa, déclarant en substance que sur les quelque 39 000 fonctionnaires de l’Etat qui ont bénéficié de DVD, 4000 n’auraient jamais dû quitter l’administration : “Des médecins, professeurs et autres cadres ont toujours leurs places dans leurs administrations. Ces dernières n’ont certainement pas été assez rigoureuses pour les retenir”.
Trois ans après l’opération Intilaka, un rapport de Bank Al-Maghrib pointe du doigt certaines insuffisances. “Le poids de la masse salariale dans le PIB et dans le total des dépenses, respectivement 10,2% et 34,9% en 2008, restent ainsi supérieurs à la moyenne des pays de la région Mena (Middle East and North Africa) qui s’établissent à 8,1% et 25,2%”, recommandant au passage la stabilisation du nombre de fonctionnaires. “La masse salariale a atteint près de 70 milliards avec les revalorisations salariales décidées dans le cadre du dialogue social et la création de 16 000 nouveaux postes”. De fait, le salaire mensuel moyen dans l’administration est passé de 6124 dirhams en 2004 à 7613 dirhams en 2008. Car l’opération Intilaka a eu les mêmes travers qu’un régime yoyo : l’administration compte aujourd’hui 766?000 agents, contre 769 000 en 2004, un an avant le dégraissage. C’est toujours mieux qu’en 2005 (voir tableau). Car si la masse salariale en valeur absolue a augmenté, rapportée au total des recettes de l’Etat, elle est aujourd’hui de 36,4%, contre 43,1% l’année du lancement d’Intilaka. Aussi, rapporté à la population, le nombre de fonctionnaires est de 2,5%, un ratio stable ces dernières années.

Moins d’exécutants, plus de cadres
Pour expliquer l’inflation des salaires, le ministère de la Modernisation des secteurs publics argue de “promotions, de recrutements ciblés, de régularisation des salaires, etc”. Certes, le pourcentage de cadres dans l’administration est aujourd’hui de 55%, contre 45% en 2004, un an avant le lancement du DVD. Ce qui signifie moins d’agents d’exécution, qui, hier encore, constituaient le gros des troupes. Certes, l’âge moyen des fonctionnaires est passé de 43 à 41 ans. Mais, comme le rapporte un document de l’administration, la ventilation sectorielle de la masse salariale n’a pas changé entre 2004 et 2008. De même, la répartition des employés par région est demeurée quasi identique. Statu quo donc, 4 ans plus tard.
Najib Akesbi, économiste, s’est penché sur la question : “Le principe de réduire les effectifs ne pose pas de problèmes en soi, mais il faut qu’il soit effectué sur la base d’un diagnostic précis et spécifique (département par département) pour identifier les surplus ou le manque en ressources humaines. Ceci n’a pas été fait…”. L’économiste étaye : “A titre d’exemple, dans l’enseignement supérieur (c’est valable aussi pour la santé) nous étions à la veille d’une réforme basée sur le système modulaire. Cette réforme a besoin d’un encadrement serré qui nécessite davantage de ressources humaines expérimentées. Or, un simple regard sur les taux d’encadrement (professeurs / étudiants) dans les facultés de droit et sciences économiques à l’époque montraient que les besoins sont considérables. Il fallait faire le contraire de ce qui a été décidé”. Selon le professeur universitaire, la masse salariale a continué d’augmenter, alors que “les recrutements ont été très modestes. De même, le problème de faible productivité reste cruellement posé”. Alors qu’une opération DVD bis est envisagée par le gouvernement (collectivités, entreprises publiques, etc.), pas sûr que les enseignements de la première soient tirés.

Source : Tel-Quel Online

mea

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Re: DVD : Fonction publique. Retour à la case intilaka

Message par rosa le 25/09/09, 02:29 pm

Merci bcp pr le partage
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rosa

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