Forum Érable Atlas
Bonjour et Bienvenue
sur le Forum ErableAtlas


Merci pour votre passage.

Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée


Ce Canada qui a faim: l'envers de l'eldorado (Edmonton)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Ce Canada qui a faim: l'envers de l'eldorado (Edmonton)

Message par Abderrahman13 le Dim 25 Aoû 2013 - 20:37

Salam aleykoum

article intéressant comme quoi faut bien se préparer si on souhaite aller en Alberta.Est ce que c'est pas aussi une manoeuvre des quebecois pour garder leurs immigrants?
Ou de la jalousie?

Salam aleykoum


Publié le 25 août 2013 à 06h00 | Mis à jour à 06h00

(Edmonton) Au printemps, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation a levé le voile sur un phénomène méconnu. La faim taraude plus de 8% des familles au sein d'un des pays les plus riches du monde: le nôtre. Notre journaliste Laura-Julie Perreault a arpenté le Canada, des plaines de l'Alberta jusqu'au pergélisol du Grand Nord, pour mettre un visage sur les données du rapporteur et pour rencontrer ceux qui proposent des solutions. Premier arrêt: les 800 banques alimentaires du pays, qui connaissent une affluence record.

Quand elle est débarquée à Edmonton, un sac rempli de rêves au dos, Gucifey espérait trouver son eldorado. Un emploi bien payé qui lui permettrait de mettre de l'argent de côté pour ses études en soins infirmiers.

Au lieu de ça, trois mois après son arrivée, la jeune femme de 20 ans est sans le sou. Aujourd'hui, elle fait la file pour recevoir un panier de nourriture à la banque alimentaire de la capitale albertaine.

«Il y a trois ans, j'étais allée à Calgary pour trouver un emploi. En une semaine, j'avais trouvé un bon boulot. Mais l'économie ne semble plus être la même. J'ai cogné à beaucoup de portes, mais j'ai essuyé refus après refus», raconte-t-elle dans un petit local de la banque alimentaire, loin des oreilles indiscrètes.

L'argent du petit emprunt que Gucifey a contracté pour faire le voyage à partir de Toronto - quelque 1500$ - a été dépensé. «Depuis le boum économique, le coût de la vie est très élevé en Alberta», note-t-elle.

Élevée par une mère réfugiée originaire de Somalie - infirmière elle aussi -, Gucifey, qui n'a pas voulu que son vrai nom soit publié, raconte que c'est avec un pincement au coeur qu'elle a dû se résoudre à avoir recours à une banque alimentaire. «Ma mère est venue au Canada pour donner une vie meilleure à sa famille. Or, même ici, dans un pays aussi riche, on peut avoir faim», dénonce la jeune femme.

Gestionnaire de la banque alimentaire d'Edmonton, Marjorie Bencz note que les histoires comme celle de Gucifey sont de plus en plus fréquentes.

«Avec le boum économique du début des années 2000, l'assistance sociale a été coupée, les loyers ont augmenté. Quand la crise économique de 2008 s'est produite, c'est ici qu'elle s'est fait le plus sentir.»

Les statistiques donnent raison à Mme Bencz: la clientèle des banques alimentaires de l'Alberta a crû de 60% depuis la crise financière qui a secoué une bonne partie du monde occidental; c'est la plus forte progression au pays.

Travailleurs précarisés

Force est de constater que le Canada n'a pas été épargné par les secousses de 2008, qui ont aussi profondément modifié le portrait socioéconomique de ceux qui demandent de l'aide pour nourrir leur famille.

«Nous avons un plus haut pourcentage de bénéficiaires qui ont un emploi - la plupart du temps mal payé -, des gens qui viennent de perdre leur emploi ou encore des gens qui sont venus en Alberta pour se trouver un bon emploi et qui ont de la difficulté à s'établir», explique la directrice de l'organisation qui distribue quelque 15 000 paniers d'aide par mois.

La qualité des emplois s'est dégradée, dit Mme Bencz. Preuve à l'appui: quand la banque alimentaire a affiché un emploi à 14$ l'heure, elle a reçu des centaines de candidatures.

L'histoire se répète

C'est à une autre période de crise économique - la récession des années 80 - que la banque alimentaire d'Edmonton a été mise sur pied. En 1981, elle était la première du genre au pays. À l'origine, la banque devait fournir une aide temporaire à la grande cohorte d'Albertains qui avaient vu leur emploi se volatiliser.

Loin de disparaître avec la reprise économique, les banques alimentaires n'ont fait que se multiplier depuis. Selon Banques alimentaires Canada, jamais autant de Canadiens n'ont eu recours à leurs services.

L'an dernier, près de 1 million de personnes ont obtenu des paniers d'aliments tous les mois. «Chaque mois, 90 000 personnes utilisent une banque alimentaire pour la première fois de leur vie», note Katharine Schmidt, directrice générale de l'organisation nationale qui regroupe la grande majorité des banques alimentaires du pays, incluant celles du Québec.

«Les effets de la crise économique au Canada sont bien cachés. Comme pays, nous avons peut-être résisté, mais ceux qui ont été frappés par la crise ont été frappés très fort et ils ne sont pas encore de retour sur leurs pieds», constate Mme Schmidt, dans son bureau de Toronto. Une odeur de sucre flotte dans l'air: le quartier général de l'organisme se trouve dans l'usine Kraft où sont fabriqués les biscuits Oreo.

«C'est triste de voir que nous vivons dans un pays prospère et que les gens doivent avoir recours à l'aide alimentaire», déplore la directrice générale. Les gens, raconte-t-elle, épuisent souvent toutes les ressources à leur disposition - famille, amis, crédit - avant de frapper à leur porte. «Nous sommes leur dernier recours.» Le terminus des espoirs.

Katharine Schmidt et ses employés s'inquiètent du fait que la faim gagne sans cesse du terrain au Canada. «Ça me brise le coeur quand une mère qui travaille me raconte qu'elle doit sauter des repas pour nourrir ses enfants. Et c'est une histoire de plus en plus fréquente», note-t-elle.

***

En chiffres

8,2% des ménages canadiens qui souffrent d'insécurité alimentaire, soit 4,3 millions de personnes.

Deux millions de personnes ont recours à une banque alimentaire chaque année.

Une personne sur quatre qui a recours à la banque alimentaire d'Edmonton reçoit un salaire.

Sources: Enquête 2011 sur la santé des collectivités canadiennes et Bilan-faim 2012 de Banques alimentaires
avatar
Abderrahman13

Masculin Nombre de messages : 61
Age : 38
Résidence : France
Statut : marié avec enfants
Date d'inscription : 21/08/2013

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum